Interview de Marcelo Alvarez, ténor

Marcelo-Alvarez-Claudio-Sgura

Marcelo Alvarez nous accueille avec une très grande gentillesse dans sa loge de l’Opéra Bastille pendant les répétitions de La Gioconda d’Amilcare Ponchielli. Cet opéra vériste entre au répertoire de l’Opéra National de Paris dans la mise en scène de Pier Luigi Pizzi et, si cela signe en soi une grande première, c’en est une aussi pour Marcelo Alvarez qui débute dans le rôle d’Enzo Grimaldo. Un rôle truffé de difficultés qu’il nous explique avec passion…

La Gioconda entre au répertoire de l’Opéra National de Paris qui lui consacre 9 représentations du 2 au 31 mai 2013 à l’Opéra Bastille. Ce fleuron du vérisme connu pour quelques arias dont “Cielo e mar!” dévolue au ténor et “Suicidio!” à la soprano, mais surtout pour sa très célèbre Danse des Heures, rassemble une distribution d’envergure : Violeta Urmana, Lucia D’Intino (du 2 au 17 mai), Elena Bocharova (du 20 au 31 mai), Orlin Anastassov, María José Montiel, Marcelo Alvarez et Claudio Sgura. Cette production mise en scène par Pier Luigi Pizzi et dirigée par Daniel Oren sera filmée en Haute Définition par Wahoo pour une distribution en direct le 13 mai par Fra Cinéma dans les cinémas UGC, dans le cadre de Viva l’Opéra !, et dans de nombreuses autres salles en France et en Europe.

Tutti-magazine : Vous répétez en ce moment La Gioconda avec le metteur en scène Pier Luigi Pizzi. Comment vous sentez-vous ?

Marcelo Alvarez : Je dois dire que je me trouve particulièrement à l’aise en dépit de la grande difficulté que représente cette œuvre pour les chanteurs. Mais Pier Luigi Pizzi sait justement parfaitement ce qu’est un chanteur et travailler avec lui représente incontestablement un atout. Je le considère comme un des derniers grands metteurs en scène d’opéras qui connaît parfaitement cette forme d’expression. Par ailleurs je suis familier de l’Opéra Bastille pour y avoir déjà chanté plusieurs fois. L’acoustique de ce théâtre est loin d’être évidente mais, là encore, la production convient parfaitement à la voix.

L’acoustique de l’Opéra Bastille est-elle comparable à celle du Metropolitan Opera ou des Arènes de Vérone ?

L’acoustique de Bastille ne peut être comparée qu’à elle-même et je maintiens qu’il est vraiment très difficile de chanter sur cette scène. Cependant je modulerai en reconnaissant que cette acoustique est particulièrement difficile pour les chanteurs qui ne possèdent pas une bonne technique car la maîtrise de la projection est indispensable. Sur ce point, en revanche, on retrouve le même impératif pour que la voix passe aux Arènes de Vérone et surtout, que le timbre soit parfaitement émis. Mais, pour revenir à l’Opéra Bastille, j’ai maintenant suffisamment pratiqué cette scène pour connaître les différents points du plateau qui permettront à ma voix de s’exprimer au mieux. Il ne faut pas perdre de vue qu’un chanteur ne s’entend pas car le son de sa voix ne lui revient pas.

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